Contrôle : mode d’emploi

Le métier de producteur.ice de plantes médicinales et/ou cueilleur.euse est soumis au contrôle de différents organismes selon des critères variés :

  • La destination commerciale du produit;
  • Le modes de production / transformation;
  • Les ingrédients utilisés dans les produits;
  • Le travail effectué…

Chaque organisme a des compétences spécifiques à certains sujets et produits en termes de contrôle.

Les autorités de contrôle

Organismes Européens

Catégorie de produit

  • Plantes médicinales à visée thérapeutique
  • Médicaments
  • Médicaments à base de plantes
  • Dispositif médicaux

Produits à usage cosmétique

  • Produits relevant de la réglementation alimentaire:
  • Aliments
  • Compléments alimentaires
  • Aliments enrichis

Organismes Français

European Medecines Agency

Agence Européenne du Médicament

L’EMA, crée en 1995, évalue, coordonne et supervise le développement des nouveaux médicaments et s’occupe de la promotion de la santé publique humaine et vétérinaire dans l’Union Européenne.

En charge de :

  • Médicaments à usage humain
  • Médicaments à usage vétérinaire
  • Plantes médicinales à visée thérapeutique
  • Médicaments à base de plantes
  • Dispositif médicaux

Rôles :

  • évaluation scientifique des demandes d’autorisation européenne de mise sur le marché des médicaments (procédure centralisée);
  • suivi de l’innocuité des médicaments grâce à un réseau de pharmacovigilance;
  • promotion de l’innovation et de la recherche dans l’industrie pharmaceutique;
  • utilisation des résultats des travaux de la direction européenne de la qualité du médicament & des soins de santé (DEQM) qui publie la Pharmacopée européenne sous l’égide du Conseil de l’Europe

Ces informations vous aident à comprendre le cadre européen et les compétences de cette autorité. Néanmoins, le travail des producteur.ice.s artisanaux en vente directe n’est pas concerné directement car le but n’est pas de produire des médicaments.

European Food Safety Authority

Autorité européenne de sécurité des aliments

L’EFSA , crée en 2002, est chargée de l’évaluation des risques dans le domaine des denrée alimentaires, en fournissant des conseils scientifiques sur les risques existants ou émergents dans ce domaine. 

En charge de:

  • Aliments (à usage humain et vétérinaire)
  • Compléments alimentaires aliments (à usage humain et vétérinaire)
  • Aliments enrichis (à usage humain et vétérinaire)

Rôles :

  • Collecte et analyse des données scientifiques disponibles et utiles sur la sécurité alimentaire humaine et animale;
  • Production d’avis pour améliorer l’évaluation d’un large éventail de risques sur la santé et le bien-être animal, la santé et la protection des plantes ainsi et la nutrition en général;
  • Analyse centralisée des allégations de santé prévue par le règlement 1924/2006 et gestion la base de donnée européenne des allégations;

Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé

L’ANSM, crée en 1993, est l’agence publique française qui évalue les risques sanitaires des médicaments et produits de santé destinés à l’usage humain. Elle est aussi l’autorité nationale unique en matière de recherche biomédicales. Elle est le correspectif de l’EMA, mais à niveau national français.

En charge de:

  • Médicaments (dont les médicaments de phytothérapie)
  • Produits cosmétiques
  • Produits sanguins
  • Dispositifs médicaux
  • Préparations magistrales, officinales et hospitalières

Rôles:

  •  Veille sanitaire et surveillance des produits destinés à l’être humain (pharmacovigilance et cosmétovigilance);
  • Évaluation et contrôle des médicaments (essais cliniques, accord d’autorisation de mise sur le marché, contrôle des établissements)
  • Assurer le bon usage du médicament (information du public et des professionnels de santé).

L’ouverture et l’exploitation de tout établissement de fabrication, de conditionnement ou d’importation de produits cosmétiques sont subordonnées à une déclaration préalable auprès de l’ANSM (article L. 5131-2 du CSP).

Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

La DGCCRF, crée en 1985, est une autorité sous tutelle du ministère de l’économie. Elle assure trois grandes missions : la régulation concurrentielle des marchés, la protection économique et la sécurité des consommateurs.

En charge de:

  • tous les champs de la consommation (produits alimentaires et non alimentaires, services) ;
  • tous les stades de l’activité économique (production, transformation, importation, distribution) ;
  • quelle que soit la forme de commerce : magasins, sites de commerce électronique ou liés à l’économie collaborative, etc.

Rôles:

  • vigiler au respect des règles de la concurrence ;
  • s’assurer de la protection économique des consommateurs ;
  • contrôler la sécurité et de la conformité des produits et des services.

La DGCCRF peut contrôler tout ce qui concerne l‘étiquetage des produits, la métrologie, les allégations (commerciales, de santé et nutritionnelles), contaminants…

Sur une page de leur site internet, dans la section « liens utiles », vous pouvez trouver l’outil que la DGCCRF a mis en place pour permettre aux opérateurs d’utiliser les Allégations de Santé en Attente (ASA) selon des règles précises: un tableau Excel qui permet de vérifier quelles allégations de santé ont été retenues par l’Europe, pour quelles plantes et à quelles conditions l’utilisation des ASA est permise.

Direction générale de l’Alimentation

La DGAL est une direction dépendant du ministère français de l’Agriculture et de l’Alimentation. Son domaine de compétence recouvre la qualité et la protection des végétaux, la santé et la protection animales, la sécurité sanitaire des aliments, l’offre alimentaire et les contrôles aux frontières.

En charge de:

  • Produits alimentaires,
  • Pratiques agricoles et environnementales liées à la production végétale ou élévage.

Rôles:

  • prévenir et gérer les risques sanitaires liés à la consommation des aliments, à la production agricole et à l’environnement ;
  • garantir la qualité et la traçabilité des produits agricoles et alimentaires ;
  • préserver la biodiversité et le patrimoine génétique des espèces animales et végétales ;
  • participer à l’élaboration et à la mise en œuvre des normes européennes et internationales en matière de sécurité sanitaire ;
  • informer et sensibiliser les citoyens et les consommateurs sur les enjeux de la sécurité sanitaire.

Pour mettre en œuvre ses actions sur le terrain, la direction générale de l’Alimentation s’appuie sur les services déconcentrés de l’État :

Auparavant, les produits issus des plantes médicinales étaient plutôt contrôlées par la DGCCRF, mais depuis 2024, toutes les activités touchant à l’alimentaire sont enregistrées et contrôlées par les préfectures (DDPP et DDCSPP). Ces directions sont responsables des contrôles sur les pratiques de transformation, les dossiers de Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF), l’HACCP, l’état des laboratoires de transformation, les pratiques de traçabilité, les contaminants…

Agence nationale de sécurité sanitaires de l’alimentation, de l’environnement et du travail

L’ANSES, crée en 2010, est un établissement public français placé sous la tutelle des ministères de la Santé, de l’Agriculture, de l’Environnement et du Travail. 
Elle a pour mission principale d’évaluer les risques sanitaires dans les domaines de l’alimentation, de l’environnement et du travail, en vue d’éclairer la décision publique.

En charge de:

  • produits pharmaceutiques à usage humain et animal;
  • matières fertilisantes et supports de culture;
  • produits chimiques (détergents, parfums, substances chimiques);
  • produits cosmétiques

Rôles:

  • évaluer les substances chimiques dans le cadre des règlements européens REACh et CLP;
  • délivrer, retirer ou modifier les autorisations de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, matières fertilisantes et supports de culture, et de leurs adjuvants;
  • inspecter en ce qui concerne la production, la formulation, l’emballage et l’étiquetage de ces mêmes produits;
  • promouvoir la recherche scientifique par le biais de ses neuf laboratoires, qui exercent leurs activités dans la santé et le bien-être des animaux, la sécurité sanitaire des aliments, y compris l’eau de consommation, et la santé des végétaux;
  • prévenir les risques sanitaires en assurant la collecte et l’analyse d’informations qui permettent l’anticipation, la détection précoce et la caractérisation d’événements anormaux ou inhabituels (Nutrivigilance, Toxicovigilance, Pharmacovigilance, Phytopharmacovigilance, Épidémiosurveillance, Cosmétovigilance).

Documents utiles produits par l’ANSES:

PHYTOTHERAPIE VETERINAIRE: Avis de l’ANSES relatif à l’état des connaissances sur les huiles essentielles et les plantes d’intérêt pour la phytothérapie et l’aromathérapie des animaux producteurs de denrées alimentaires et proposition d’une méthodologie d’évaluation des risques pour la santé humaine (2022)

COMPLEMENTS ALIMENTAIRES: Avis de l’ANSES relatif à l’évaluation de la pertinence de l’applications des avertissements et recommandations exprimés dans les monographies de plantes médicinales de l’EMA aux compléments alimentaires contenant ces mêmes plantes (2023)

Fonctionnement d’un contrôle

Les agents de la DGCCRF ou de la DDCSPP peuvent accéder aux locaux utilisés par les professionnels afin d’y recueillir des documents et renseignements et d’y effectuer des constatations. Ils peuvent ainsi, notamment :

  • procéder à des contrôles inopinés (DDCSPP),
  • se faire communiquer des documents (contrats, factures) et recueillir des renseignements,
  • prendre un échantillon ou prélever un produit aux fins d’analyse pour démontrer le manquement ou l’infraction,
  • consigner provisoirement des marchandises lorsqu’ils ont un doute sur leur conformité pour empêcher leur commercialisation, dans l’attente de résultats de contrôles,
  • saisir des marchandises non conformes,
  • utiliser une identité d’emprunt pour pouvoir vérifier la conformité des procédures de vente sur les sites internet,
  • différer la révélation de leur qualité d’enquêteur de la DGCCRF et commencer leurs investigations «incognito»,
  • se faire accompagner lors de leurs contrôles par une personne qualifiée dans un domaine utile au contrôle.

à savoir : nous pouvons demander d’être accompagné.e.s par un.e proche ou un collègue pendant un contrôle programmé. Cela permet au contrôlé.e d’avoir un support moral et émotionnel, d’avoir quelque un.e à côté qui peut garder son sang-froid et prendre note de ce qui se passe ou de ce qui est dit pendant le contrôle.

Suite d’un contrôle

Chaque obligation ou interdiction prévoit la sanction applicable en cas de non-respect : par exemple le montant maximal de l’amende encourue.

Ce plafond n’est pas systématiquement appliqué et l’administration décide, en fonction des circonstances de chaque affaire, de prononcer ou non une sanction, et dans l’affirmative, une sanction proportionnée à la gravité des faits.

Certaines sanctions sont décidées et mises en œuvre par l’administration elle-même : par exemple avertissements, injonctions ou amendes administratives. Pour d’autres, la DGCCRF initie la procédure mais ne prend pas elle-même la décision qui relève de la compétence du juge civil ou pénal.

La suite pédagogique

En cas de manquement ou infraction de faible gravité.

Avertissement pour informer du constat d’un manquement ou infraction mineur résultant soit d’une méconnaissance du droit soit d’une négligence dans son application.

Demande de mise en conformité avec des temps plus ou moins longs ou simple rappel à la loi.

Les suites correctives

En cas d’infraction plus grave, deux types de suites correctives peuvent permettent d’obtenir une mise en conformité rapide:

  • Injonctions : permettent d’exiger l’adoption, dans un délai défini, des mesures correctives nécessaires pour se mettre en conformité avec la réglementation.
  • Assignations : procédure devant le juge judiciaire pour ordonner, par exemple, la cessation d’une pratique illicite ou la suppression d’une clause abusive.

Les sanctions

comportement particulièrement grave et devant être sanctionné. En cas d’infraction gravissime ou de non-respect des injonctions ou des assignations.

Selon le type de manquement :

  • Civile (amende, nullité de clauses contractuelles, etc.)
  • Pénale (amende ou peine d’emprisonnement)

En cas de contrôle abusif ou erreur de la part du contrôleur, c’est possible de présenter un recours administratif.

Documents utiles

Le guide des droits et devoirs en situation de contrôle de la Confédération Paysanne

Ce guide permet de connaitre ses droits et ses devoirs en cas de contrôle par différentes autorités. Il met la lumière sur ce qui est possible de demander à l’administration et ce qui relève d’une obligation et donc pas négociable.

Publié le 12 novembre 2023

Mise à jour 27 février 2026

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