Cosmétiques

Vue d’ensemble

Définition et cadre réglementaire

Code de la santé publique : Produits cosmétiques. (Articles L5131-1 à L5131-8)

On entend par produit cosmétique toute substance ou mélange destiné à être mis en contact avec les parties superficielles du corps humain (l’épiderme, les systèmes pileux et capillaire, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes) ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles.

De cette définition, on comprend que l’on ne pourra pas insister sur les propriétés actives des plantes que nous faisons entrer dans la composition de nos cosmétiques, puisque dans ce cas il relèverait du médicament.
On va donc déclarer par exemple un macérat huileux d’arnica en tant que « huile de soin du corps » malgré les autres vertus que nous lui connaissons.

Code de la Santé (partie réglementaire) : Produits cosmétiques (Articles R5131-1 à R5131-15)

Ces différents articles fixent les obligations de déclarations d’établissement, les listes de substances interdites ou restreintes, les règles d’etiquetage, de notification pour la cosméto-vigilance (CPNP), des procédures de signalement d’effets indésirables graves.
Cette législation est la transposition nationale du réglement (CE) 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques qui contient plusieurs annexes, et qui nous servira de référence ici.

Un des principes fondamentaux du produit cosmétique c’est qu’il ne doit en aucun cas nuire à la santé, dans des conditions d’utilisation normales ou « raisonnablement prévisibles ». Contrairement au médicament où l’on parle de la notion de bénéfice-risque, pour le produit cosmétique aucun des bénéfices attendus ne vaut le moindre risque pris (considérant 9 du Règlement). C’est pour cette raison que la réglementation impose une évaluation stricte de
la sécurité pour chaque produit cosmétique.

On parle de produits « rincé » : savon, dentifrice, shampoing
Et de produits « non rincé » : Baume (et huiles), Gels fixant , vernis, rouges à lèvres…
Cette nuance sera importante pour répertorier les allergènes à indiquer sur la liste d’ingrédients.

Le Règlement 1223/2009 impose également que la fabrication des produits cosmétiques soit conforme aux bonnes pratiques de fabrication (BPF) selon
la norme ISO 22716, notamment en ce qui concerne l’échantillonnage et l’analyse.

La DGCCRF est maintenant l’organisme chargé de l’inspection des établissements fabricants, des éventuels contrôles sur des lots de produits cosmétique et peut émettre des demandes de mise en conformité avec la réglementation. Depuis le 1er janvier 2024, l’ANSES est en charge des missions de vigilance et d’expertise relatives aux produits cosmétiques et de tatouage, mission autrefois occupée par l’ANSM.

Ingrédients autorisés

Les substances interdites dans les produits cosmétiques sont listées dans l’annexe II du Règlement 1223/2009.
L’annexe III du même règlement liste les ingrédients autorisés sous restriction avec pour certains des libellés obligatoires des conditions d’emploi et
d’avertissement.

Ces listes de substances évoluent rapidement !
Afin de vous renseigner sur le statut actuel d’une plante, d’un extrait de plante ou d’autres ingrédients que vous voulez utiliser dans vos cosmétiques, il vous faut commencer par les identifier avec leurs numéros CAS, la classification chimique internationale.

Recherchez tout d’abord dans la base européenne CoSing (COSmetic INGrédient) le nom botanique exact en latin de votre plante.
Vous allez pouvoir ainsi retrouver une fiche détaillée qui inclut notamment son numéro CAS.
Le nom en majuscules de cette fiche est également très important : c’est le nom INCI de l’ingrédient dans la nomenclature des ingrédients cosmétiques.
Vous aurez également directement sur la fiche des indications quand à d’éventuelles restrictions d’utilisation dans les cosmétiques.

Quel que soit le type d’ingrédient (huile support, conservateur, huile essentielle), connaitre le numéro CAS de votre ingrédient est indispensable.
Muni de cette information, vous pourrez ensuite rechercher dans les bases de données ci-dessous le statut de l’ingrédient.
Vous pouvez aussi utiliser votre moteur de recherche favori de cette manière : « thym serpolet CAS number« , croisez les résultats et trouvez le bon code CAS. Certains sites sont spécialisés et vous éviterons de trop longues recherches (par exemple: Cosmile, INCI Beauty )

L’European Chemical Agency propose également des bases de données officielles mises à jour qui vous permettront de connaitre le statut d’un ingrédient si vous ne le trouvez pas dans la base CosING.

Substances interdites : Cosmetic Products Regulation, Annex II – Prohibited Substances

Substances avec restrictions : Cosmetic Products Regulation, Annex III – Restricted Substances

Colorants autorisés : Cosmetic Products Regulation, Annex IV – Allowed Colorants

Conservateurs autorisés : Cosmetic Products Regulation, Annex V – Allowed Preservatives

Filtres UV autorisés : Cosmetic Products Regulation, Annex VI – Allowed UV Filters

Qualification et quantification des ingrédients

Dans le DIP vous devez être en mesure d’indiquer pour chaque ingrédient :
– Son nom INCI complet et exact
– Son pourcentage de concentration dans le produit fini (selon votre formulation)

Un extrait de plante (huile essentielle, macérat huileux, alcoolique, hydro-alcoolique) est considéré comme un ingrédient même s’il est contenu dans son solvant, une huile de tournesol par exemple.
Lors de la notification sur le portail CPNP, vous devrez utiliser un nom INCI existant , par exemple : ARNICA MONTANA FLOWER EXTRACT

PDans votre DIP et sur votre étiquette, vous pouvez utiliser une syntaxe plus élaborée pour mentionner l’huile support, avec le « slash », cela donnera par exemple : ARNICA MONTANA FLOWER EXTRACT / HELIANTHUS ANNUUS SEED OIL
Dans le cas d’une macération de plusieurs fleurs, on peut utiliser les parenthèses pour regrouper les plantes macérées :
(ARNICA MONTANA/CALENDULA OFFICINALIS/MATRICARIA CHAMOMILLA) FLOWER EXTRACT / HELIANTHUS ANNUUS SEED OIL

Au sujet d’autres ingrédients à mentionner sur l’etiquette , voir également le chapitre sur les allergènes

Utilisation d’alcool

Si vous utilisez de l’alcool, que ce soit lors du processus d’extraction (macération alcoolique ou hydro-alcoolique) ou bien comme ingrédient du produits cosmétique final, vous devez être en règle par rapport à l’achat d’alcool.

Voir Procédures douanières

Rédaction du D.I.P. (Dossier Information Produit)

La personne responsable = vous = toute personne physique ou morale qui fabrique ou fait concevoir ou fabriquer un produit cosmétique et commercialise ce produit sous son nom ou sa marque. Vous êtes responsable de la création d’un DIP (Dossier Information Produit) pour chaque produit.

L’évaluateur de la sécurité = une personne diplômée en pharmacie, toxicologie, médecine ou dans une discipline analogue, interne à votre établissement ou prestataire extérieur qui va évaluer la sécurité de chaque produit.

Article 11 du Règlement (CE) no 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques

Dossier d’information sur le produit
Lorsqu’un produit cosmétique est mis sur le marché, la personne responsable conserve un dossier d’information sur celui-ci. Le dossier d’information sur le produit est conservé pendant une période de dix ans à partir de la date à laquelle le dernier lot du produit cosmétique a été mis sur le marché.

En tant que fabricant du produit cosmétique vous avez la responsabilité de rédiger un dossier complet d’information sur le produit, qui doit contenir :

  • Des détails sur chaque ingrédient qu’il soit achété ou auto-produit, sous forme de fiches techniques
  • Description de la méthode de fabrication
  • Une déclaration de conformité aux bonnes pratiques de fabrication (nouveauté à confirmer : arrêté du 20 février 2025)
  • Les preuves de l’effet revendiqué par le produit cosmétique si vous utilisez une allégation. (preuves bibliographiques et/ou études cliniques)
  • Une attestation de non-expérimentation animale.
  • Un rapport sur la sécurité du produit cosmétique, c’est la partie B du DIP, voir ci-dessous.

Les points obligatoires du DIP sont détaillés dans l’annexe I du réglement CE :

Partie A : INFORMATION sur la sécurité du produit cosmétique

Formule quantitative et qualitative du produit cosmétique
Nom chimique, INCI, CAS, EINECS, pourcentage de chaque substance
Conformités par rapport aux substances autorisées.
Caractéristiques physiques/chimiques et stabilité du produit cosmétique
Aspect, couleur, odeur, densité, pH , viscosité.
Stabilité : suivi de ces caractéristiques via une échantillothèque.
Qualité microbiologique (risques dus aux microorganismes)
Les produits finis évalués à faible risque par cette norme (ex: sans phase aqueuse) ne nécessiteront pas la mise en œuvre des normes microbiologiques relatives aux cosmétiques.
Impuretés, traces, informations sur le matériau d’emballage
Documents (fiches techniques) prouvant l’absence ou la présence de traces inévitables de substances interdites, ou de traces non intentionnelles dans les ingrédients.
Utilisation normale et raisonnablement prévisible
Définir précisément les conditions d’utilisation sur l’étiquetage (étiquette ou notice)
Exposition au produit cosmétique
Calcul de la dose d’exposition journalière au produit (mg/kg de poids corporel)
Exposition aux substances
Calcul de la dose d’exposition journalière substance par substance, en lien avec des études réalisées
Profil toxicologique des substances
Risque d’exposition à un potentiel toxique pour l’homme.
Effets indésirables et effets indésirables graves
Cosmétovigilance : historique des effets indésirables graves, signalement auprès de l’ANSES si c’est le cas, procédures de rappel produit.
Informations sur le produit cosmétique
Toutes informations complémentaires…

Partie B : EVALUATION de la sécurité du produit cosmétique

Conclusion de l’évaluation
Atteste ou non de la sécurité du produit cosmétique sous réserve(s) éventuelle(s)
Avertissements et instructions d’utilisation figurant sur l’étiquette
Etudie l’étiquetage et définit toutes les mentions supplémentaires devant figurer afin d’informer le consommateur d’un danger particulier
Raisonnement
Explication du raisonnement scientifique aboutissant à la conclusion de l’évaluation et aux informations données au consommateur.
Référence de la personne chargée de l’évaluation et approbation
Nom et adresse de la personne chargée de l’évaluation de la sécurité, preuve de qualification , date et signature

Formation à la rédaction de ses DIP

Le syndicat des SIMPLES propose depuis plusieurs années une formation professionnelle sur la réglementation des cosmétiques de deux jours qui permet de devenir autonome dans la rédaction d’un DIP, tout en s’appuyant sur l’historique des produits des membres fabricant de cosmétiques : observations sur les caractéristiques, statistiques d’effets indésirables, bonnes pratiques de fabrication…
Cette mise en commun nous permet d’apporter un accompagnement à la rédaction du DIP et de faciliter son évaluation grâce aux prestations de deux toxicologues travaillant avec le syndicat et connaissant les spécificités de nos modes de production et la qualité de nos matières premières.

Les allégations

Règlement (UE) 655/2013 : Critères communs auxquels les allégations relatives aux produits cosmétiques doivent répondre

Ce réglement impose 6 critères à respecter pour toute allégation sur le produit :

  • Conformité avec la législation = On ne peut pas alléguer « sans parabènes », puisque c’est un ingrédient interdit
  • Véracité = ne pas alléguer « hydratant » si l’on n’a pas d’ingrédient possédant cette propriété, ou si on en a une très petite dose dans le produit fini
  • Éléments probants = citer des évaluations d’experts ou des études valables, fiables et reproductibles
  • Sincérité = ne pas éxagerer, aller au-dela des éléments probants
  • Équité = ne pas dénigrer la concurrence, par exemple « sans vitamine E » alors que c’est autorisé. Voir note DGCCRF ci-dessous
  • Choix en connaissance de cause = clarté de l’allégation, pas de jargon scientifique ou obscur

Comme nous parlons ici de produits cosmétiques, les allégations attendues sont en rapport direct avec la définition du produit cosmétique à usage externe , qui a pour fonction normalement de nettoyer, parfumer, protéger, maintenir en bon état
La partie 3.3.2 de ce rapport de la commission européenne insiste sur le fait que le classement du produit dans la bonne catégorie (cosmétique, médicament, dispositif médical…) est un préalable à l’évaluation de la conformité d’une allégation, qu’elle soit « de santé » (ex: »contribue à apaiser les démangeaisons ») ou thérapeutique (ex: »anti-inflammatoire »).

Pour les baumes et les huiles, la classification requise lors de la notification du produit sur le CPNP est: « Huile de soin pour le corps ». Cela rappelle bien dans quelle catégorie de produit nous nous situons ici.

Allégations « sans » dans les produits cosmétiques : précisions de la DGCCRF (octobre 2025)
Autorisés par exemple : « sans parfum », « sans colorants », « sans alcool », « sans silicone », « sans huiles minérales ou de synthèse »

Etiquetage du produit cosmetique

Les règles d’étiquetage sont énumérées à l’article 19 du Règlement CE 1223/2009 (chapitre VI : Information des consommateurs).

Toutes les mentions obligatoires d’étiquetage sont détaillées sur la page d’exemple d’etiquette de produit cosmétique

Vente en ligne
Si vous vendez des cosmétiques sur votre boutique en ligne, il est obligatoire de faire figurer la liste complète des ingrédients, la même qui est obligatoire sur l’étiquette incluant noms INCI et allergènes. Voir cette note de la DGCCRF

Vente en vrac ou produits trop petits pour avoir une étiquette
Pour les savons ou autres petits produits, lorsqu’il est impossible pour des raisons pratiques de faire figurer la liste des ingrédients sur une étiquette, bande,
carte ou notice jointe, celle-ci figure sur un écriteau placé à proximité immédiate du récipient dans lequel le produit cosmétique est proposé à la vente.
Pour les produits cosmétiques non-préemballés ou emballés sur le lieu de vente, ces informations doivent se trouver à proximité immédiate du produit,
sans risque de confusion (Code de la santé, art. R5131-4).

Avant de vous lancer sur la conception graphique de l’étiquette, bien tenir compte du chapitre suivant sur les allergènes.
Ceux-ci sont à mentionner obligatoirement dans la liste d’ingrédients qui peut donc s’allonger surtout si vous utilisez des huiles essentielles dans vos formulations.

Mention des allergènes dans les ingrédients

Extrait de l’article 19 du réglement UE :
Les compositions parfumantes et aromatiques et leurs matières premières sont mentionnées par les termes «parfum» ou «aroma». En outre, la présence de substances dont la mention est exigée en vertu de la colonne «Autres» de l’annexe III est indiquée dans la liste des ingrédients, en plus des termes «parfum» ou «aroma».
La liste des ingrédients est établie dans l’ordre décroissant de leur importance pondérale au moment de leur incorporation dans le produit cosmétique. Les ingrédients dont la concentration est inférieure à 1 % peuvent être mentionnés dans le désordre après ceux dont la concentration est supérieure à 1 %.

« la présence de substances dont la mention est exigée en vertu de la colonne «Autres» » = substances considérées comme allergènes potentiels et devant être clairement indiquées pour l’information du consommateur.

Une huile essentielle déjà mentionnée dans la liste des ingrédient peut donc contenir des substances à mentionner aussi dans les ingrédients car potentiellements allergisantes.
En général, les analyses d’huiles essentielles mentionnent clairement ces allergènes de l’annexe III dans la composition de votre HE.
Dans le doute, vous pouvez utiliser la fonction « rechercher dans le texte » de votre navigateur sur la page du réglement CE, annexe III, en recherchant le numéro CAS (par exemple « 91-64-5 ») de la substance. Vous pouvez aussi utiliser le moteur de recherche de l’ECHA sur l’annexe III

Vous vous apercevrez que les allergènes présents dans une huile essentielle peuvent être assez nombreux.
La mention d’un allergène n’est obligatoire dans la liste des ingrédients que lorsque sa concentration est supérieure :
– à 0,01 % dans les produits « rincés »: baumes et huiles de soin ou de massage
– à 0,001 % dans les produits « non rincés » : savon, dentifrice, shampoing

Pour vérifier si vous dépassez ce seuil pour un allergène, il va être nécessaire de calculer précisément le pourcentage de ces substances dans le produit fini
Pour cela, soit vous disposez d’une analyse chromatographique de votre HE, soit vous vous basez sur d’autres analyses de la même HE produite dans les mêmes conditions pour connaitre le % de concentration de la substance dans l’HE.
Ensuite, à partir de la concentration de l’HE dans le produit fini, vous obtenez la concentration de la substance dans le produit fini.

Par exemple : vous utilisez dans un baume de calendula 3% d’huile essentielle de bergamote (exemple de fiche technique)
L’analyse par chromatographie de cette huile essentielle indique une concentration de 0,1% de Geraniol (CAS : 106-24-1)
La concentration dans le produit fini sera de = (3 x 0,1)/100 = 0,003 %
La mention de l’ingrédient « Geraniol » est obligatoire dans ce baume (puisque > 0,001%) mais serait facultative si nous parlions d’un savon, puisque « rincé ».

Evaluation de la sécurité du produit

Tout DIP doit comporter (la partie « B ») une évaluation de la sécurité effectuée par une « personne titulaire d’un diplôme ou autre titre sanctionnant une formation
universitaire d’enseignement théorique et pratique en pharmacie, toxicologie, médecine ou dans une discipline analogue ».
L’évaluateur de la sécurité peut être un prestataire externe, ou une personne de l’établissement qui possède un diplôme de ce type.
Même si c’est bien la personne responsable du produit qui devra indemniser les victimes, ce responsable pourrait se retourner contre l’évaluateur et engager la responsabilité civile de celui-ci.
On comprend que l’évaluateur ne s’engagera pas sur une évaluation de sécurité d’un produit à la légère.

La formation sur la réglementation cosmétique du syndicat SIMPLES propose de poursuivre la formation par une prestation adaptée aux petits producteurs, délivre par deux toxicologues membres du syndicat. Il existe de très nombreuses autres entreprises qui proposent aussi ce service.
Rares sont celles qui vont naturellement s’adapter aux spécificités des petits producteurs, mais on peut tout de même citer l’institut Hysope.

Obtenir une évaluation de la sécurité de son DIP n’est pas une fin en soi !
L’évaluateur ne prendra pas en charge les tests de stabilités mensuels, la gestion de l’échantillothèque, la mise à jour des procédures de fabrication, le remplissage des différents registres permettant la traçabilité et la conformité aux bonnes pratiques de fabrication

Voici la liste de tous les points que l’évaluateur doit vérifier sur votre DIP :

  • Dossier Information Produit (article 11)
  • Évaluation de la sécurité (Article 10)
  • Bonnes Pratiques de Fabrication (Article 8)
  • Échantillons et analyses (Article 12)
  • Notification CPNP (Article 13)
  • Application des restrictions des annexes (Article 14)
  • CMR (Articles 15)
  • Nanomatériaux (Article 16)
  • Traces de substances interdites (Article 17)
  • Expérimentation Animale (Article 18)
  • Etiquetage (Article 19)
  • Allégations (Article 20)
  • Communication des Effets Indésirables Graves (Article 23)
  • Information sur les Substances (Article 24)

Se déclarer fabricant de cosmétiques

Création d’un identifiant européen

La déclaration d’un établissement fabricant de cosmétiques se fait auprès de la DGCCRF sur le site demarche.numerique.gouv.fr, mais avant de pouvoir la remplir, vous devez d’abord obtenir un numéro d’organisation européen équivalent.

La première étape est de créer un identifiant individuel, un compte nécessaire sur toutes les plateformes de l’Union Européenne.
Si vous en avez déjà un, vous pouvez passer à l’étape suivante.

Suivez les étapes de création de votre identifiant UE sur cette page dédiée

Demande d’accès au CPNP

Ensuite vous devez vous déclarer comme fabricant européen afin de notifier vos futurs produits sur le CPNP qui sert de répertoire des cosmétiques mais aussi de « centre anti-poison » au niveau européen.

Suivez les étapes de création de votre organisation sur le CPNP

Après un délai de quelques jours, vous recevrez par e-mail une confirmation de votre accès au portail.

Première connexion au portail CPNP

  • Rendez-vous sur le site du portail CPNP
  • Cliquez sur « Log in » en haut à droite et connectez-vous avec votre identifiant et votre smartphone.
  • Vous devriez arriver sur une page nommée « Session Configuration« 
  • Sélectionnez votre organisation puis « Confirm« 
  • Dans le menu « personnes de contact » cliquez sur « Liste« 
  • En bas de page vous allez retrouvez votre nom, et en début de ligne un numéro , c’est votre numéro ID CPNP

Déclaration de l’établissement auprès de la DGCCRF

Avant de mettre sur le marché un produit cosmétique, la personne responsable doit en premier lieu faire une déclaration d’établissement cosmétique auprès
de la DGCCRF de son département. Cette formalité se fait en ligne et va nécessiter un SIRET, ainsi que l’identifiant d’organisation sur le portail CPNP.

Afin de réaliser la déclaration d’établissement cosmétique auprès de la DGCCRF, il est également nécessaire de transmettre un plan du labo de transformation, soit directement à partir d’un plan d’architecte, soit en en réalisant un soi-même à partir d’un logiciel libre (par exemple : LibreOffice Draw, Scribus, Archifacile ou SweetHome 3D), en indiquant les zones de fabrication, conditionnement et stockage, entrée, réception MP (matières premières), Stock, flux de matière, flux de personnel. Si toute votre fabrication se déroule dans la même pièce, identifiez des zones différentes clairement.

https://demarche.numerique.gouv.fr/commencer/declaration-etablissement-cosmetiques
Vous allez avoir besoin de vous connecter avec FranceConnect. Si c’est la première fois, privilégiez l’identification via « Impots.gouv.fr », qui marche bien.
Pour vous aider, vous pouvez aussi télécharger la notice complète de la déclaration tout en bas de la page de la démarche (faut la trouver).

Notification d’un produit sur le CPNP

La notification des produits sur le CPNP est assez simple, l’interface du site web est claire.
Chaque produit doit être nommé, avec le nom de ses variantes éventuelles (conditionnements différents)
Il faut indiquer s’il contient des substances CMR (Cancérigènes / Mutagènes / Repro-toxiques) ou des nano-particules.
Ensuite, on peut choisir entre la déclaration de sa formule exacte (méthode la plus simples) ou bien par gamme (fourchette) de concentrations, pour garder la formule secrète. Chaque ingrédient sera identifié par son nom INCI officiel, celui que vous aurez retrouvé dans la base Cosing.
Vous aurez également besoin d’un fichier JPG de votre étiquette, en taille réelle à 300 dpi.

Une fois le produit notifié une première fois, vous pourrez récupérer l’identifiant du produit sur le portail, comme indiqué sur la dernière capture d’écran.

Bonnes Pratiques de Fabrication

Norme ISO 22716

Ou plus simplement nommée « Bonnes Pratiques de Fabrication en Cosmétiques », cette norme définit les lignes directrices pour la production, le contrôle, le stockage et l’expédition des produits cosmétiques pour les aspects liés à la qualité du produit (points abordés dans la norme : personnel, locaux, équipements, matières premières et articles de conditionnement, production, produits finis, laboratoire de contrôle de la qualité, traitement des produits hors spécifications, déchets, sous-traitance, déviations, réclamations et rappels, gestion des modifications, audit interne, documentation).
Il convient de satisfaire à la norme, en revanche,il n’est pas obligatoire d’être certifié conforme.


Bien qu’elle puisse être lourde à porter pour les personnes qui produisent en circuit court, elle nous donne des repères pour nous organiser et ainsi garantir la qualité des produits cosmétiques artisanaux. Les conseils qui suivent représentent une version adaptée de cette norme pour les petits producteurs.

Documenter, toujours documenter

Mantra de la documentation:

  1. Écrire ce que l’on doit faire
  2. Faire ce que l’on a écrit
  3. Montrer que ce que l’on fait correspond à ce que l’on a écrit

Dans cet exemple, (1) le mode opératoire inclus dans le DIP donne une recette de fabrication ,
(2), la fiche de fabrication raconte ce que l’on a fait ce jour-là et, une fois archivé, (3) il devient une
preuve des étapes de réalisation et un outil de traçabilité pour les ingrédients et emballages.

Les différents documents à utiliser

  • Pour le produit fini
    • Spécifications (issues du DIP)
  • Pendant la fabrication
    • Mode opératoire détaillés : phases de fabrication, températures, ordre d’ajout des MP (écrit ou schéma)
    • Fiche de fabrication indiquant le n°de lot produit, avec les lots de matières premières
  • Matières premières
    • Inventaire, avec n° de lots
    • fiches techniques, bulletins d’analyse

Notions et abréviations souvent utilisée dans les BPF

  • MP : Matière Première, tout ingrédient mis en œuvre dans la fabrication d’un produit cosmétique.
  • PF : Produit Fini, le produit cosmétique après fabrication, prêt à être mis à la vente
  • AC : Article de Conditionnement primaire. Regroupe les flacons, pots, couvercles, bouchons, étiquettes, emballages secondaires
  • Lot : Quantité d’une MP, PF ou AC fabriqué en une opération ou une série d’opérations.
  • Numéro de lot : Combinaison caractéristique de chiffres, lettres et/ou symboles qui identifie spécifiquement un lot. A chacun d’inventer le sien.

Utilisation d’alcool

Si vous utilisez de l’alcool, que ce soit lors du processus d’extraction (macération alcoolique ou hydro-alcoolique) ou bien comme ingrédient du produits cosmétique final, vous devez être en règle par rapport à l’achat d’alcool.

Voir Procédures douanières

Métrologie

Voir page Métrologie

Cueillette de plantes sauvages

La cueillette des plantes sauvages doit respecter les règlementations liées au espèces et aux espaces naturels protégés.

Voir Cueillette de plantes sauvages

Cultiver les PPAM : la question des contaminants

Au niveau de la règlementation, il existe des seuils concernant différents contaminants pouvant se retrouver dans les cultures. Des contrôles peuvent être effectués par les services de l’Etat pour mesurer le taux de ces contaminants dans les produits à base de PPAM.

Voir Les contaminants

Vente

Voir la page Vente des produits à base de plantes

Publié le 10 décembre 2025

Mise à jour 27 février 2026

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